Le français, notre langue commune, est compliqué dans sa grammaire et la conjugaison de ses verbes, mais extrèmement riche dans son vocabulaire, ses synonymes. Certaines règles de base : la ponctuation, les abréviations...compliquent encore l'écriture correcte. Une association littéraire : le C.R.P.A. vous propose sur son site (un petit bréviaire sur le sujet.(cliquez sur liens) |
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Un article intéressant, sur la (non-)féminisation du langage,
http://www.liberation.fr/vous/emploi/222358.FR.php
Emploi
Chrystel Breysse, linguiste, critique le refus, idéologique, de
féminiser les noms de métier :
«Le langage entretient les stéréotypes»
Par Sonya FAURE
QUOTIDIEN : lundi 11 décembre 2006
avec
Chrystel Breysse est linguiste. Elle prépare au diplôme
interruniversitaire (DIU, bac + 5) pour l'égalité des chances à
Paris-III et VI. Elle a étudié la féminisation des métiers, des
fonctions et des titres.
Vous estimez que le «sexisme lexical» a un impact sur l'orientation
professionnelle des jeunes filles. Pourquoi ?
Au même titre que l'iconographie des manuels scolaires ou des livres
d'enfants, le langage participe à la création des stéréotypes. Et donc à
la construction d'une identité sexuée. Si le nom de métier ou si le
statut n'existe pas au féminin, il est difficile pour les filles de s'y
projeter. Bien sûr, au-delà des mots, c'est un travail plus général sur
le discours qu'il faut avoir. Qu'on arrête, par exemple, d'évoquer
systématiquement le «beau sourire de Ségolène» quand on parle d'une
candidate à la présidence.
Pourquoi la parité lexicale n'existe-t-elle pas ?
Pour des raisons idéologiques, essentiellement. Refuser de nommer, c'est
refuser de donner une place, de rendre visible. Historiquement,
pourtant, le français comportait beaucoup d'équivalences de métiers au
féminin : la médecine était une femme médecin. Mais, à mesure que les
femmes ont été exclues de certains domaines professionnels, la
féminisation des mots a reculé. Le plus choquant, c'est que, souvent, la
version féminine des noms de métier existe. Mais l'utiliser serait
«impensable»... Les arguments sont toujours les mêmes. Premier d'entre
eux : le mot féminin a déjà un autre sens. Un cafetier/une cafetière par
exemple. On ne pourrait dire «une rectrice» pour une femme recteur
d'université, car la rectrice est une plume de la queue, qui dirige le
vol des oiseaux... Mais beaucoup de mots ont un double sens, ce qui n'a
jamais empêché de les utiliser ! Quand je dis que je suis cadre d'une
entreprise, personne ne m'imagine accrochée au mur... Deuxième argument
: le féminin du nom de métier désignerait depuis des lustres «la femme
de». La pharmacienne est la femme du pharmacien. Mais il y a bien
longtemps que plus personne ne l'emploie dans ce sens. Dernier argument
: «Ecrivaine, ça ne sonne pas bien.» En fait, c'est une pure question
d'habitude. On emploie bien l'adjectif «vaine»... En 1984, quand Yvette
Roudy avait nommé une commission chargée d'étudier la féminisation des
titres, un membre de l'Académie française, garante des «bonnes
pratiques», avait fait paraître un article critiquant violemment la
proposition de la commission d'utiliser le mot «rectrice». «Et pourquoi
pas recteuse, écrivait-il, et pourquoi pas rectale ?» Le Québec, lui, a
féminisé les noms de métiers dès les années 60 : le bilinguisme et la
concurrence de l'anglais a vite obligé cette langue à faire preuve
d'inventivité. Le français belge ou québécois est soumis à moins de
normes. Et puis, il y a une chose que ces deux pays n'ont pas : c'est
l'Académie française !
Les femmes elles-mêmes revendiquent parfois un titre au masculin...
Oui, parce que les féminins ont été dévalorisés. Directeur, ça fait
directeur d'hôpital. Directrice, plutôt directrice d'école. Quand
l'Académie française a voulu trouver l'équivalent masculin de
«sage-femme», elle a proposé «maïeuticien». Ce qui est quand même
beaucoup plus chic.
Vous ne voyez donc aucun progrès de la féminisation du langage ?
Si. La question de la féminisation des mots a rebondi sous le
gouvernement de Lionel Jospin. Les quatre femmes du gouvernement ont
exigé qu'ont les appellent «Madame la ministre». Jospin a commandé un
rapport à l'Institut national de la langue française (Inalf), qui a
rappelé qu'aucune règle lexicale n'interdisait de féminiser les noms de
métier. En revanche, pas de féminisation des fonctions. En français, le
neutre, c'est le masculin. Et l'Institution doit rester neutre,
universalisme républicain et Révolution française obligent. Dans les
journaux, on lit de plus en plus souvent «auteure» ou «défenseure»...
Enfin, le fait que Ségolène Royal soit candidate à la présidence oblige
tous les commentateurs à devenir féministes et à parler systématiquement
«du candidat ou de la candidate».
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