LANGUE FRANCAISE

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le français, notre langue commune, est compliqué dans sa grammaire et la conjugaison de ses verbes, mais extrèmement riche dans son vocabulaire, ses synonymes. Certaines règles de base : la ponctuation, les abréviations...compliquent encore l'écriture correcte. Une association littéraire : le C.R.P.A. vous propose sur son site  (un petit bréviaire sur le sujet.(cliquez sur liens)

 

« la provocation est une façon de remettre la réalité sur ses pieds » B. Brecht » Depuis des lustres, j'entends les cris d'indignation des défenseurs de la langue française et les rejets courroucés des revues littéraires concernant les fautes d'orthographes et sur le mauvais français utilisé par des journalistes, des politiciens et autres personnages médiatiques. Analysant de plus près je constate que ceux qui détruisent notre bien national, appartiennent à l'élite ! J'entends déjà des hurlements. pourtant le constat est là : notre langue régresse ! Mais cet échec, cette régression, qui en est responsable ? Bien sûr lorsque rien ne va, on accuse les autres. Le gouvernement vitupère les Français qui ne comprennent pas le bien fondée des réformes, les patrons accusent de tous les maux les 35 heures, les revues littéraires ceux qui écrivent mal notre langue ! Personne ne s'interroge, en ce qui concerne le français, sur la responsabilité de ceux et celles qui, à tous les niveaux, dirigent le pays ! Il faut savoir, tout de même, que dans la langue il existe deux entités : le vocabulaire et la grammaire. Le vocabulaire se forge au fur et à mesure de l'évolution de la société, du besoin des individus de créer de nouveaux termes afin de communiquer dans une société qui, elle-même, avance. L'introduction de mots nouveaux dans le dictionnaire chaque année en est la preuve. La grammaire n'a, en revanche, aucun caractère naturel. Elle n'évolue pas. Pourtant c'est elle qui pose le plus de problèmes ! Peut-être parce que, justement, elle est caractérisée par son manque de naturel, son obstination, son caractère je dirais réactionnaire.Eh oui ! Le vocabulaire est progressiste et l'orthographe réactionnaire !Observons de plus près l'évolution du vocabulaire. Dans la plupart des cas, l'évolution de celui-ci est issue des milieux populaires, du monde du travail, des banlieues. La grammaire, par contre, est affaire d'universitaires, d'académiciens, de scientifiques. l'opposition, la différence, j'ose dire l'antinomie entre les deux groupes sociaux : le vulgaire et l'élite, comme disait le cardinal et son égérie(voir plus loin), se retrouvent dans le langage. C'est normal car la langue est l'enjeu d'une domination, celle du puissant sur le dominé. La bourgeoisie n'a pas le choix. Pour contrôler le pouvoir, elle se doit de contrôler ce véhicule de communication qu'est la langue. Comme elle ne peut avoir de prise sur l'évolution du vocabulaire, elle contrôle la langue par l'oppression grammairienne. Mettons-nous dans la tête que la grammaire, c'est à dire l'orthographe et la conjugaison, est une norme imposée vers 1650 par la bourgeoisie, un coup de force d'une poignée de voyous : Vaugelas, Malherbe, Richelieu, La marquise de Rambouillet (La meuf du Cardinal cité), les précieuses. Ils agirent tels des sauvageons de banlieue venus faire un casse ou de distingués cravatés faisant une OPA sur une entreprise ! Bien sûr, la résistance s'organisa mais le cardinal, ci-dessus nommé, envoya ses keufs (les mousquetaires aujourd'hui des C.R.S.) établir l'ordre nouveau. cela rappelle d'autres époques.La langue, comme tous les êtres vivants, ne peut s'épanouir sous la botte d'une dictature ! La prison à beau se nommer Académie française et resplendir de ses ors. Elle reste une prison.La défense de notre langue apparaît de plus en plus comme la défense d'une norme, d'une Académie qui refuse d'évoluer, d'une langue figée dans sa grammaire. La normalisation est stérile et comme le disait le père Anatole (France) «on ne raisonne justement qu'avec une syntaxe rigoureuse et un vocabulaire exact », je rajouterais : le reste n'est que foutaises, ornements et fioritures bourgeoises.Ce qu'il y a de plus extraordinaire est que, depuis la prise du pouvoir culturel et économique par la bourgeoisie, celle-ci dirige le pays, contrôle la langue, les revues, les médias, les partis politiques, les directions syndicales, souvent les associations. et pourtant notre langue est en voie de disparition ! Il serait grand temps, à mes yeux, que nos élites (enfin ceux et celles qui s'imaginent être au-dessus des autres) s'interrogent et se remettent en cause. Car, au fond, qui  impose au peuple français et aux francophones une norme qui détruit notre langue, rejette son apprentissage à travers le monde ?Qui impose dans les grandes écoles d'Etat et privées l'anglais comme première langue ?Qui oblige les organismes de recherches scientifiques et autres de publier en anglais ?La plupart des revues littéraires, se situent dans cette mouvance élitiste. Cet élitisme expliquerait-il la désaffection de plus en plus importante des lecteurs envers ces revues et associations de défense de notre langue ? Les Français ne se retrouvent plus dans leur propre langue ni dans ceux qui prétendent  la défendre car ces derniers ne font que défendre une certaine idée de la langue : La leur, une langue liée au pouvoir, à leur pouvoir !En relisant certains articles et éditoriaux, je trouve choquant que des articles éreintent un ou une journaliste pour une malheureuse faute d'orthographe, que l'on vilipende un homme politique pour ne pas parler comme il faut ! S'il fallait écrire et parler de façon puriste il n'y aurait pratiquement plus de radios, de télés (là c'est pas grave), plus de journaux et plus de lecteurs. Quelquefois la critique prend une tournure qui m'inquiète. Je ne prétends pas défendre ceux qui nous dirigent mais tout de même laisser entrevoir que seul un individu maîtrisant parfaitement notre langue devrait accéder à des postes ministériels cela revient à interdire la démocratie pour plus de 99% de nos concitoyens ! A part quelques responsables de revues, qui pourrait être Premier ministre, ministre, député ? Les vertueux et vertueuses qui s'indignent, se courroucent devant des fautes entendues à la télévision ou lues dans les journaux, me semblent mener un combat dépassé, d'arrière garde et de peu d'intérêt.Ce dont souffre notre langue, comme le reste de la société, ne serait-il pas un manque de démocratie ? Même Karl Max dans son Capital n'avait pas imaginé la conséquence de la lutte des classes sur les langues nationales ! Pourtant le système capitaliste sous domination américaine n'a qu'un seul objectif : imposer l'anglais dans le monde entier afin d'affirmer le libéralisme économique. Cette fameuse mondialisation à laquelle nos dirigeants, de gauche comme de droite en passant par les verts, se soumettent. La défense de notre premier patrimoine : la langue, appartient à tous et à toutes sans distinction sociale et elle doit passer par une réforme de la grammaire  

Un article intéressant, sur la (non-)féminisation du langage,

http://www.liberation.fr/vous/emploi/222358.FR.php
Emploi
Chrystel Breysse, linguiste, critique le refus, idéologique, de
féminiser les noms de métier :
«Le langage entretient les stéréotypes»
Par Sonya FAURE

QUOTIDIEN : lundi 11 décembre 2006
avec
Chrystel Breysse est linguiste. Elle prépare au diplôme
interruniversitaire (DIU, bac + 5) pour l'égalité des chances à
Paris-III et VI. Elle a étudié la féminisation des métiers, des
fonctions et des titres.



Vous estimez que le «sexisme lexical» a un impact sur l'orientation
professionnelle des jeunes filles. Pourquoi ?

Au même titre que l'iconographie des manuels scolaires ou des livres
d'enfants, le langage participe à la création des stéréotypes. Et donc à
la construction d'une identité sexuée. Si le nom de métier ou si le
statut n'existe pas au féminin, il est difficile pour les filles de s'y
projeter. Bien sûr, au-delà des mots, c'est un travail plus général sur
le discours qu'il faut avoir. Qu'on arrête, par exemple, d'évoquer
systématiquement le «beau sourire de Ségolène» quand on parle d'une
candidate à la présidence.

Pourquoi la parité lexicale n'existe-t-elle pas ?

Pour des raisons idéologiques, essentiellement. Refuser de nommer, c'est
refuser de donner une place, de rendre visible. Historiquement,
pourtant, le français comportait beaucoup d'équivalences de métiers au
féminin : la médecine était une femme médecin. Mais, à mesure que les
femmes ont été exclues de certains domaines professionnels, la
féminisation des mots a reculé. Le plus choquant, c'est que, souvent, la
version féminine des noms de métier existe. Mais l'utiliser serait
«impensable»... Les arguments sont toujours les mêmes. Premier d'entre
eux : le mot féminin a déjà un autre sens. Un cafetier/une cafetière par
exemple. On ne pourrait dire «une rectrice» pour une femme recteur
d'université, car la rectrice est une plume de la queue, qui dirige le
vol des oiseaux... Mais beaucoup de mots ont un double sens, ce qui n'a
jamais empêché de les utiliser ! Quand je dis que je suis cadre d'une
entreprise, personne ne m'imagine accrochée au mur... Deuxième argument
: le féminin du nom de métier désignerait depuis des lustres «la femme
de». La pharmacienne est la femme du pharmacien. Mais il y a bien
longtemps que plus personne ne l'emploie dans ce sens. Dernier argument
: «Ecrivaine, ça ne sonne pas bien.» En fait, c'est une pure question
d'habitude. On emploie bien l'adjectif «vaine»... En 1984, quand Yvette
Roudy avait nommé une commission chargée d'étudier la féminisation des
titres, un membre de l'Académie française, garante des «bonnes
pratiques», avait fait paraître un article critiquant violemment la
proposition de la commission d'utiliser le mot «rectrice». «Et pourquoi
pas recteuse, écrivait-il, et pourquoi pas rectale ?» Le Québec, lui, a
féminisé les noms de métiers dès les années 60 : le bilinguisme et la
concurrence de l'anglais a vite obligé cette langue à faire preuve
d'inventivité. Le français belge ou québécois est soumis à moins de
normes. Et puis, il y a une chose que ces deux pays n'ont pas : c'est
l'Académie française !

Les femmes elles-mêmes revendiquent parfois un titre au masculin...

Oui, parce que les féminins ont été dévalorisés. Directeur, ça fait
directeur d'hôpital. Directrice, plutôt directrice d'école. Quand
l'Académie française a voulu trouver l'équivalent masculin de
«sage-femme», elle a proposé «maïeuticien». Ce qui est quand même
beaucoup plus chic.

Vous ne voyez donc aucun progrès de la féminisation du langage ?

Si. La question de la féminisation des mots a rebondi sous le
gouvernement de Lionel Jospin. Les quatre femmes du gouvernement ont
exigé qu'ont les appellent «Madame la ministre». Jospin a commandé un
rapport à l'Institut national de la langue française (Inalf), qui a
rappelé qu'aucune règle lexicale n'interdisait de féminiser les noms de
métier. En revanche, pas de féminisation des fonctions. En français, le
neutre, c'est le masculin. Et l'Institution doit rester neutre,
universalisme républicain et Révolution française obligent. Dans les
journaux, on lit de plus en plus souvent «auteure» ou «défenseure»...
Enfin, le fait que Ségolène Royal soit candidate à la présidence oblige
tous les commentateurs à devenir féministes et à parler systématiquement
«du candidat ou de la candidate».

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Dernière mise à jour de cette page le 12/12/2006

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