POESIES

 

 

Le poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles BAUDELAIRE.

 

Les poètes sont des oiseaux :

Tout bruit les fait chanter.

CHATEAUBRIAND

 

LA LOIRE

C'est une grande dame, étrange et souveraine
Qui traverse la France, irrigue les coteaux
Puis caresse les pieds des manoirs et châteaux
Dans le cadre enchanteur de la blanche Touraine !

Le long de la falaise où niche des maisons,
C'est là qu'un jour naquit ma langue maternelle.
Le fleuve en est gardien, telle une sentinelle,
Un rempart permanent contre les trahisons !

A Saumur elle arrive en province angevine
Dont les vives couleurs, comme l'or des genêts
Et le blanc des tuffeaux, valent bien les sonnets
Qu'écrivit du Bellay sur sa terre divine !

Au fil de son courant, de ses cheminements,
Quelquefois virulente ou tendre poétesse,
La belle suit sa route avec délicatesse
Parmi douceur et calme ou bien déchirements.

Puis sortant de l'Anjou pour gagner l'Atlantique
Elle finit sa course au parcours épuisant.
Dissoute dans la mer, prise par le jusant
La Loire meurt avec mon rêve poétique !

 

LA PROSTITUEE

Noire
Ou
Blanche
Peu importe la couleur
De sa peau,
Car à l'étal de la rue
Elle ne vaut pas cher !
Elle s'appuie
Contre un mur
Ou déambule
Sur le trottoir.
Elle
Attend
Le client !
Elle vend
Ses appas,
Son corps.
Elle arpente
Le bitume
De jour, de nuit
Pour un instant
De plaisir tarifé !

 

LE CHEMIN DES POETES

Randonneur, mon ami, partons sur les chemins
Quitte pour un instant, ce monde sédentaire,
Va ton sac sur le dos et suis l'itinéraire
Qui serpente en forêt parmi les grands sapins.

Dans les bois, nous prendrons le sentier des poètes,
Qui font rimer les vers et chantent l'amitié,
Le plaisir d'être ensemble et le pain partagé,
Puis mettent en quatrains des couleurs dans nos têtes.

Tu verras que la terre est un vrai paradis,
Un jardin pour les coeurs, où l'on sème et recueille
L'amour et la beauté, la douceur d'une feuille,
Le sourire qui brille un peu comme un rubis.

Là, nous écouterons le vent bruissant dans l'orme,
Le murmure de l'onde et le chant des oiseaux,
Qui viennent se nourrir au milieu des roseaux
Loin du bruit et des cris de la ville uniforme !

A l'heure de la pause, auprès d'un tronc rugueux,
Tu prendras fort plaisir à goûter une figue.
Puis, sur l'herbe, allongé par la saine fatigue,
Ton corps voyagera vers des rêves joyeux.

si vous désirez voir d'autres poèmes sur la randonnée pédestre, rendez-vous sur le site suivant :

http://randopoesies.over-blog.com/ 

 

FEMME NOIRE

Femme noire
Ferment de la vie
Extase de l'envie,
Beauté,
Espoir,
Tu frémis aux caresses
Comme les feuilles au vent.
Aimée,
Adorée,
Adulée,
Toi la gazelle
Aux couleurs
De tes boubous,
Mère,
Soeur,
Tu marches altière,
Droite,
Comme pour mieux voir
L'horizon, l'avenir.

 

A LEOPOLD SENGHOR

Ô Léopold Senghor,
Homme aux doigts d'or,
Poète de la négritude,
Djâli de ton peuple,
Par la magie des mots
Tu éveilles l'Africain
Pour lui offrir les couleurs
Des flamboyants.
Comme un maçon,
Qui de sa truelle,
Construit la maison,
Tu as bâti,
De rimes et de vers,
Et aux rythmes des tam-tams
Le chant du peuple noir.

 

CARESSES

J'ai parcouru son corps
Dévoilé au grand jour,
Dans sa nudité
Offerte
A mes mains
Tremblantes,
A mes lèvres
Assoiffées,
A mes yeux écarquillés.
J'ai parcouru son corps
Dévoilé au grand jour,
Caressé ses seins
Avec mes doigts
Empressés,
Bu à sa source
Par ma bouche
Avide,
Pénétré son intimité
De mon sexe
Turgescent.
J'ai parcouru son corps
Dévoilé au grand jour,
Jusquà l'épuisement !

 

CES MAINS

Ces mains
Qui froissent les draps
Désormais vides
De présence,
Ces mains
Qui cherchent
A retenir le passé
Pour mieux se rassurer
Du présent,
Ces mains
Qui tremblent déjà
Lorsqu'elles saisissent
Le verre d'alcool du soir
Quand la porte à peine refermée
Déclenche
Le sablier des solitudes,
Ces mains
Torturées
Qui se fripent
Comme se fanent les feuilles
A l'automne,
Ces mains
Qui ne caressent plus
Le corps de l'autre,
Ces mains
Sont les miennes !

 

CHANTS

 

Sur les vagues de l’océan Atlantique

Ondulent des chants

Qui accompagnent les bateaux.

Ne croyez pas que ce sont des sirènes

Qui attirent ainsi

De leurs charmes

Les marins…

Non !

Ce sont les cris de souffrance

Des noirs enchaînés

Dans les cales

Des navires négriers

Qui résonnent encore et encore

Sur la mer

Affolée !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 13/06/2008

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